Joie de vivre!

20150412_191242 Je suis née et j’ai grandi à Paris, plus qu’une capitale sur une carte, c’est ma mère Patrie.

J’en connais les défauts:la pollution, le manque d’espaces verts, les crottes de chien, les taxis parfois ronchons,les loyers surréalistes des appartements minuscules, les métros bondés façon sauna et parfois les gens aussi aimables que des portes de prison.

Pourtant, j’apprécie trop ses qualités pour avoir jamais envisagé de la quitter:

– la tour Eiffel qui scintille au loin comme par magie

– les balades sur les quais avec ses bouquinistes de carte postale , ses pépiniéristes et ses animaleries qui sentent le fauve (« Dis Maman, on peut acheter un poisson roouuuge???« )

– Montmartre qui trône sur sa butte comme le plus élégant des cupcakes

– les petites mamies dans leur panoplie IMMT (imper-mise en plis-mephisto-teckel), dans la queue du Franprix, à la boulangerie, toujours aux heures de pointe (!!!)

– dévorer un pain au chocolat avec sa pâte qui croustille avant de fondre dans la bouche

– acheter une clémentine et un vernis à ongles avec un ticket resto chez Monoprix (#eatclean)

– aller de St Michel à St Lazare dans le bus 27 en écoutant Alain Souchon (« j’ai dans mon coeur un décalcomanie marqué liberté, liberté chérie« )

– essayer 1000 paires de chaussures hors de prix aux Galeries Lafayette et repartir sans chaussures mais avec un macaron Pierre Hermé (« un mogador s’il-vous plaît! »chocolat au lait et fruit de la passion ❤ )

– faire la queue pour les expos au Grand Palais qui veille sur Paris, drapeau au vent, comme un vaisseau amiral

– organiser un pique-nique aux Tuileries (au bonheur des rats), aux Buttes-Chaumont (serrés comme dans le métro)

– jouer au Molky sur le quai de la Loire avec de jolis garçons barbus, bière de Paname à la main

– porter des sacs en plastiques trop fins prêts à céder sous le poids des fruits et légumes en rentrant du marché du dimanche

– bruncher a la Chambre aux oiseaux rue Bichat (« t‘as pensé à réserver?? » « J’espère qu’il restera du crumble » ) ou au Liberté Ménilmontant (« Ils ont remis des crêpes??« )

– aller chercher un paquet de chocolat (ou soyons honnête de PQ) poussiéreux chez l’épicier du coin un dimanche à 22H

– pouvoir faire le tour du Monde en un weekend sans quitter Paris !

Et surtout, en fin de semaine se donner rendez-vous pour:

– débriefer (= se plaindre, et bitcher) autour d’un verre en terrasse à Belleville ou vers le rue du Faubourg Saint-Denis sur une table bancale (manteau ouvert et jambes croisées) jusqu’au crépuscule avant d’aller écouter un groupe dans un bar d’Oberkampf et danser sur le sol un peu collant de bière déversée par des pintes trop pleines.

– s’étourdir et rire, rire, rire. Embrasser un joli garçon qui sent bon.

– vouloir prendre un dernier verre (« on n’a qu’à marcher vers Répu? regarde dans l’appli Time out!« ) et finalement rentrer (« Naaan, demain j’ai une course/ un brunch/ un déj chez mes parents en banlieue« ) d’un pas parfois chancelant en vélib

– ou en métro (« on prend la 2 ou on marche jusqu’à la 9??« ), encore bondé d’étudiants bourrés qui chantent à tue-tête – amarré à la barre du métro d’une main et à leur bouteille de l’autre-, de jeunes en « costard » trois bandes et moustaches à peine naissante, pressés d’attraper le dernier RER, de groupes d’adultes droits comme des I, rentrants d’un spectacle sur les Grands boulevards, d’ado trop maquillées et leurs collants filés, de touristes mi émerveillés mi inquiets par ce flot nocturne bigarré, de couples seuls au monde.

– se coucher le coeur empli de joie, impatiente de recommencer.

Etre heureuse et fière d’être française, de notre savoir-vivre, notre art de vivre et surtout notre joie de vivre, à Paris et ailleurs, de mille autres façons.

Alors bien sûr, j’ai eu peur, j’ai pleuré et je pleurerai encore, bien sûr je n’oublierai JAMAIS ces images, ces visages, ce gâchis, mais je vais continuer à:

– sortir le soir en mini-jupe et être un peu vaine

– boire des coups en terrasse dès qu’il fait beau et doux jusqu’à la tombée de la nuit, même si je ne tiens pas l’alcool

– ronchonner, débattre, rire de tout, rester curieuse de tout et surtout des autres

– aller à des concerts, boire dans des gobelets en plastique, danser dans la fausse derrière des mecs trop grands qui m’écrabouillent les pieds et crier au chanteur « Have my babiiiies!! » – refuser la terreur, entrer dans des métros remplis d’inconnus si différents et probablement aussi inquiets parfois

– flâner dans les rues, me mélanger à ces gens qui ne me ressemblent pas, avec prudence mais sans crainte et sans arrière pensée

– être insouciante, oublier juste quelques instants

– être heureuse à nouveau et cultiver ma joie de vivre

– être LIBRE

Aussi difficile que cela paraisse maintenant, nous serons à nouveau heureux, je continuerai, je continuerai, je continuerai jusqu’à ce que je sois une petite mamie en panoplie IMMT….pas plus tard que maintenant!

Fluctuat nec mergitur, telle est notre devise!

Bises (chez moi c’est deux)

Ponette ❤

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2 réflexions sur “Joie de vivre!

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